(paroles en marchant – 10 oct. 2020 à 10h04) [S] ??

—> 2. « petit chemin » :
—> durée : 2’33

J’ai besoin de toi, la forêt, je me perds en conjectures où je procrastine assidûment ; ou au lieu d’utiliser ce mot savant, je dis que je retarde indéfiniment ce que je dois faire, devrais faire… Tu me manques, la forêt…

de 0’34 à 0’40

… comme le chant des oiseaux, au-dedans, ton air pollué par les machines qui te coupe assidûment, oui, malgré tout, forêt martyrisée… Tu me plais tout de même un peu…

de 1’08 à 1’10

… beaucoup, assidûment, même si je n’ai pas la Marguerite, aujourd’hui, elle est fanée, pour t’effeuiller (l’effeuiller) et réciter continuellement cette proposition qui finit par « pas du tout » en point d’interrogation, pas du tout, je ne t’aime pas, et quand il s’agit d’aimer, c’est d’apprécier, vos amours se perdent dans des conjectures elles aussi incongrues, à mon âge…
2’01 (ne reste que les bruits de ses pas, du vent et les chants des oiseaux dans la forêt…)

(paroles en marchant – 10 oct. 2020 à 10h08)

—> petit chemin
—> durée : 2’03

0’41
L’oiseau m’interpellait et je tendais la perche pour qu’il continue, mais il se tut autant que je m’arrêtai pour l’écouter, était-il têtu, je ne sais ? Au loin sur les cimes des arbres, un rayon de soleil…
1’10 (il s’arrête et écoute la forêt)

de 1’12 à 1’27, des « tsii tsii tsii, gréé é éé, etc. », une Pie bavarde avec les autres…

1’28 (reprend sa marche, puis, à 1’36, un beau chant « tuili lileli, tsi li tsi li, tsii tsii, gréé é éé… »)

de 1’35 à 1’51

(à 10h12) [S] ??

de 0’04 à 0’27
de 0’55 à 1’18

(paroles en marchant – 10 oct. 2020 à 10h16)

—> petit chemin
—> durée : 4’11

(en fond, un chant d’oiseau guillerait « triiii tii lié li… »)
Vous vous rendez compte, tout l’apprentissage que l’on perdrait, si l’on devenait sourd ? Qu’il faudrait en réapprendre un autre, le langage des sourds-muets, je n’en aurais pas le temps. Heureusement, à mon plus jeune âge, j’entendais suffisamment, pour que cet apprentissage (des sonorités), je le fis (fisse) assidûment.

de 0’48 à 0’53, sur le mot « assidûment »…

Déjà, à mon plus bas âge, rentrant dans la vie adulte, j’appris des métiers du son, suffisamment, pour assembler quelques bouches parleuses, quelques haut-parleurs dit-on, entourer de boiseries, pour ajouter de la musique ou sons environnements, musique ou toutes sonorités électrifiées au début… (c’est pas très clair tout ça ?)
1’44 (sonagramme à ajouter)
1’50 L’oiseau s’en fout, il gazouille… on le fout la paix… on lui fout la paix…
2’00 (beau chant de lui, cet oiseau méconnut des hominidéens du coin)

de 2’21 à 2’52

—> 201010-102702 (sonagrammes à commenter ou ajouter)

—> 201010-103112 (sonagrammes à commenter ou ajouter)

 

(paroles en marchant – 10 oct. 2020 à 10h37)

—> petit chemin
—> durée : 18’21

Dans le pays des holobiontes, il est tout un monde de vivants qui ne cessent de s’affronter, ou de s’associer, des communautés incongrues qui voudraient tant savoir se parler (entre eux) disent les hominidés ; ce qu’ils ignorent encore semble-t-il, c’est de communication, il y en a toujours eu, sauf que, dans leur langage de m’as-tu-vu, il n’y a qu’eux qui le comprennent le leur, et des sens d’une chimie, des vibrations, des sensations, de toutes sortes de rayonnements autres que leur langage, même au-dedans et sur eux on ne cesse de communiquer, sauf qu’ils ne s’en aperçoivent pas, ceux-là (les hominidés, ah) ? Peut-être d’autres holobiontes ont ce même souci, mais ne s’en tracasse pas pour autant, ils assument !

(l’holobionte en eux ne serait pas assemblé pour ces compréhensions-là, il serait bien instrumenté par plus petit que lui, au creux de lui, il sert d’expérimentation au vivant, tout ne lui est pas révélé ; on cause, échange, communique au creux de lui dans des langages multiples, une sorte de leurre les habite, alors ils s’imaginent… et croient avoir trouvé la science infuse, ou quelques croyances diffuses…)

1’44 (expliquer le contexte) (au-dessus de lui, des chants d’oiseaux très vifs)

Je passe devant l’endroit où la grosse machine a découpé (du bois à satiété)… en faisant des crevasses énormes avec ses roues démesurées ; on y voit un endroit dévasté, entouré de bûches de Pseudotsugas découpés… ah… au bord du chemin. Et ces anfractuosités, deux, là, énormes, comme si l’on venait d’y faire la guerre à ces endroits, il n’y manque plus que des tranchées, et au fond, quelques animaux que l’on aurait tranchés eux aussi !
Et c’est le cas ?
D’animalité ? Il ne s’agit que de quelques plantes ligneuses que l’on a ainsi découpées…
C’est vrai, vous avez raison (snif), on a l’odeur du bois… et une troisième tranchée toutes les unes à côté des autres, en dépit du bon sens, c’est à vous écœurer ! Encore une ? Mais vont-ils arrêter de tranchée… en tranchée découper autant, la forêt n’y suffira plus ?
Est-ce le moment de faire des vers, Monsieur, de rimer ainsi dans le tourment de la forêt ?

3’59 à 4’07 (un oiseau lance des « tit tit tit tit tit tit… » à n’en plus finir, comme pour protester, sûrement, lui aussi ; d’autres sonorités au-dessus de lui)

Ma rime est dévastée autant que je le suis, au creux de moi, je m’offusque, et je suis en colère ! Entendez les oiseaux qui rouspètent, eux aussi ! Eh, de l’endroit qui fut dévasté, cela chante moins, on se méfie, des fois que moi, je revienne avec la machine ? Où est-elle cachée, celle-ci qui découpa tant les arbres de la forêt, en dépit du bon sens ? On ne sent aucune délicatesse, que du mépris, de l’insouciance. Ah, l’endroit où je voyais au loin l’arbre, très beau, peut-être est-ce un de ces troncs que je vois, alignés au bord du chemin, perpendiculaire à son axe, du chemin ! Qu’ils sont bêtes ces holobiontes-là, à découper tant ; ils se trancheraient la main qu’ils ne s’en apercevraient même pas. Le jour où ils seront tous découpés, par un manque de choses vitales, parce qu’ils s’en sont trop occupés, à prendre tout ce qu’il y avait à prendre sans se soucier des équilibres à maintenir, ils mourront un peu plus vite dans leur décrépitude, dans leur ignorance et leur bêtise. Tout cela me rend bien perplexe ? Ah, un panneau ! Ah, il y avait longtemps : « chasse à courre, prudence, merci de ralentir, traversée d’animaux… », ah, « tirs à vue, l’on vous a vu ! »…
(il rit bêtement)
Il y avait longtemps, il y avait longtemps… L’autre hiver sûrement, ces panneaux, j’ai vu ?

de 7’12 à 7’15, « tidi ui ui tritritritri ! »

7’59 (suite macabre)
« Vas-tu te taire ? » me dit une voix caverneuse, au creux de moi…
Me taire ? Pourquoi donc ? Il y avait déjà un bout de temps que je me taisais ; eh, dès que j’ouvre le bec, même si je ne suis pas un oiseau, vous êtes déjà empressés à me faire taire. Mais éliminez-moi donc découpez-moi donc, c’est une pratique courante ici ! Allez ! Ayez ce courage, pour que je me taise dé-fini – ti-vement ! Allez-y ! Osez, osez ! j’ose et… eh eh fine (il rit toujours bêtement et marmonne quelques satisfactions, qu’un oiseau même simplet trouverait douteuses…)
C’est d’un humour douteux !
Je ne pus m’en empêcher…
Vous l’avez déjà fait, celui-là ?
C’est vrai !
Ah, un autre panneau… Eh, je n’ai croisé… des chasseurs… Aucun coup de feu, pour l’instant, ils patientent, ils observent, peut-être m’ont-ils déjà vu, et qu’ils me visent assidûment ?
Vous aimez ce mot, « assidûment » ?
Oui, ça finit par « ment », j’aime parler de tout ce qui me « ment », justement !
Ah voilà !
10’38 (l’oiseau gentiment, rit soudain, « ti iiiii tudu uuu ! »)
Rire d’oiseaux au loin (tout près), il a compris, lui ! Ce n’est pas comme vous !
Je peux m’en aller, si vous voulez ?
Oui, c’est ça, partez ! Allez-vous-en !
Je m’en vais !
Allez-y, je vous en prie !
Est-ce l’oiseau qui s’en va, au loin, dès qu’il m’a vu ?
Non, je suis toujours là !
Ah ?
11’30 (il surprend quelques oiseaux picorant sur le chemin, les faisant s’envoler hâtivement)
Aaah !… Vols de Tourterelles, trois, que j’ai surpris… Ils ont même fait un abri de fortune, les chasseurs, pour se congratuler de (après) leurs chasses, je le vois devant la maison abandonnée ; les oiseaux sont tout autour, ils regardent, ils observent et se marrent en se taisant sourdement (il parle tout doucement), ils gloussent…
13’11
Est-ce que… un des chasseurs, un ivrogne, dans une hallucination suprême, me confondra avec on ne sait quel animal à quatre pattes, et qu’il tirera… dans la tête !
Médisez, médisez ! On ne reproduira pas ce que vous dîtes, vous serez biffé, censuré, découpé, oui, je vous l’assure !
Ben, assurez-moi, assurez-moi, je vous en prie ! Ici, je suis à découvert, peux d’obstacles, vous pourrez bien viser, allez-y, je vous en prie ! (mais personne ne tire dans le gras)… Des lâches, ils n’osent pas, ils ont peur des préjudices, je ne suis qu’un deux-pattes, ils ont peur d’une loi qui les arrêterait s’ils osaient m’abattre… chose qu’ils ne font pas.
Vous avez beau me parler crûment au creux de moi, je sais bien ce que vous pensez ?
Si c’est pour venir dans la forêt, médire…
Mais je ne médis pas de la forêt, je médis de ceux qu’ils l’occupent momentanément, dans un but d’accaparement ! Autre mot favori chez moi, voyez, je me répète !
À quoi bon maintenir pareille discussion, c’est idiot, inutile ?
Mais, voyez-vous là où je passe, c’est tellement désolé, que je ne peux m’en empêcher ; toutes ces découpes que je vois, la trace laissée, ma désolation s’ajoute à celles du lieu, un sentiment similaire à (l’état de) celui-ci, ce lieu… Encore une traversée (d’engins découpeurs) ?… Quelques promeneurs, des champignonneurs, le temps s’y prête, quand il s’agit de rafler la mise, on y va à fond, hein, n’est-ce pas ?
Mécréant !
Ouais ! Allez, je me tais, je me tais…

—> 201010-110524 (sonagrammes à commenter ou ajouter)

 
 
de 3’30 à 3’55
zoom de 3’47 à 3’54, comme une estampe orientale…

—> 201010-111324 (sonagrammes à commenter ou ajouter)

de 0’13 à 0’39
 

(paroles en marchant – 10 oct. 2020 à 11h21)

—> petit chemin
—> durée : 6’13

Ce n’est pas parce que vous ne comprenez pas le gazouillement de quelques oiseaux, que cela ne veut rien dire, même s’ils émettent toujours le même son, ce n’est pas le son lui-même qui a un sens, mais l’intonation que l’on met à l’émettre, ces infimes variations…
0’24 (l’oiseau répond « oui oui oui oui ! »)
… apportent un langage ! Dans nos langues à nous les hominidéens, en Asie par exemple, en Orient, par exemple, il est des langues qui utilisent ce subterfuge…
(l’oiseau jacasse avec beaucoup d’intonations, justement…)
… selon l’intonation émise des mêmes sons, le sens est très différent (l’oiseau dit « tuu » ! »). Eh bien, les oiseaux, même le croisement désagréable du Corbeau, la Corneille, ou de tous les corvidés en général, ils disent quelque chose, je « croaaa » bien ? Eh, n’étant pas de leur famille, nous ne comprenons pas ! Ce n’est pas parce que nous ne comprenons pas que cela n’a pas de sens, eux-mêmes ne comprennent pas tout ce que nous disons, ils s’offusquent autant que nous nous offusquons d’eux !
Votre différence n’est pas une supériorité… mmm, je croyais que l’oiseau allait répliquer ?
2’10 (l’oiseau répond « é kes ki diii luiii ? », mais l’hominidé semble ne pas l’avoir entendu)

de 2’07 à 2’24

Non, il écoute, il se tait !
Ah ! Tu vois (il répond) ?
(pendant sa marche, l’oiseau tente de converser « qui li di luu i ? », l’hominidé, bien qu’il l’ait entendu, ne comprend pas ; l’oiseau reprend, en nuançant « qui li di luu di lu i di ? », d’autres oiseaux ajoutent… sans succès… « si ii ii ! », « qui li di luu ! », etc.)

de 2’31 à 2’49, causerie de l’oiseau et bruits de pas…

3’36
Vous rentrez ?
Oui, je rentre !
C’est pas trop tôt !
Ah bon ?
Oui, on avait hâte que vous foutiez le camp !
Pour que vous puissiez continuer à faire vos bêtises ?
Exactement ! Vous avez tous compris, on veut faire « pan pan ! »
Aaah ? C’est pour ça que je n’entendis aucun coup de feu ?
Effectivement, vous avez raison ! Sur ce point, nous nous rejoignons…
Oui, hélas ! Eh bien, bon vent « pan » ; j’espère que vous reviendrez bredouilles ?
Oh, vous méritez que l’on abatte toute la forêt !
Oh, vous avez bien déjà commencé, je ne serais pas capable de vous interrompre, au fil des ans, vous y arriverez bien à bout de celle-ci, hein, n’est-ce pas ?
Effectivement ! Et si l’on peut, à la fin, on vous abattra… si… un de nous ne le fera pas avant !
Des menaces ?
Effectivement !
Vous avez le pan pan adéquat ?
Oui, exactement !
Sur ce, je vous souhaite beaucoup de déconvenues… au revoir ! (arvouare !)

de 5’36 à 5’48

Je l’ai vexé, on dirait ? Tant mieux !
Non mais ! Menacé directement ainsi un promeneur, oh ? Eh, les oiseaux déjà racontent l’histoire, ils sont contrariés autant que moi !
C’est cela, ce sera gravé dans toutes les mémoires, oh la la !

Sonagrammes audiométriques :