(parole entre deux sommeils - 4 juin 2017 à 1h00)

—> 1. « İl », peregrinatio, livre 4 : 141. [fé af o] aveux !, d’elle, à lui ***

(version)

Elle, à lui,
— Ici, ce sont mes territoires secrets, je n’en parlerai pas, ne te berce d’aucune illusion ! Même si j’ai l’apparence d’une femme, je n’aime, ni n’aimerais, ni ne saurai être aimé de la manière dont tu le souhaiterais ; mon propos n’est pas de te blesser, mais ne t’abuse pas pour un quelconque avenir avec moi, il ne se peut pas, il demeure impossible ! Peut-être un jour tu comprendras, tu l’accepteras ; nous nous croisons que fortuitement, parce que c’est ainsi, la vie l’a voulu… Mais ne t’égare pas, notre sort ne nous fait parcourir qu’un bout de chemin ensemble. Toi ! Poursuis ta route. Et moi ! Je suivrais la mienne… ne t’illusionne pas, c’est inutile…

(ajout électronisé du 1 mai 2019 à 0h23)
— Oh et puis zut ! Je vais te le dire franchement, tu es obnubilé par le racontement de toi ; des autres, tu n’y arrives pas à en percevoir le moindre attrait ; de la tendresse tu n’en as pas à donner vraiment et jamais, je le crois bien, tu n’en auras… ce n’est pas ta faute, tu le sais déjà, on ne t’a pas appris cela, et même si je t’en donnais de la tendresse, tu n’y arriverais pas, ton cœur ne sait pas, ne sait plus, c’est comme s’il n’en avait rien su au moment de ta naissance, tu n’es pas doué dans ce sens et ton sort je le vois bien, sera de toujours n’aimer vraiment personne, le scribe de ton racontement, l’a bien écrit au début du récit de toi, c’est navrant, mais c’est comme ça, tu n’es pas fait pour ça. La vie ne cesse de s’ingénier à nous formater dans des rôles que nous ne désirons pas vraiment, mais avons-nous véritablement le choix ? Certains seront toujours des salops ou des affamés, ou esclaves, riches ou minables, toi, tu n’es probablement rien de tout ça, même pas un saint ni prophète d’ailleurs (y croirais-tu ?) ni héroïque aussi ; tu refuses tout, et je sais où tu vas, sans être prophétesse, je t’ai comprise assez vite. Tu ne recherches pas une idylle, mais un idéal qui n’existe pas, car trop imprégné dans ta tête, tu as peur d’un amour imprévu. Tu n’en souffres même pas, je le vois bien, tu ne cherches qu’une chose, « voir comment ça fait d’être amoureux, ou tout autre chose », et puis de partir après cette expérience-là, pour la notée dans le petit carnet de ta mémoire et que ton scribe rédigera plus tard quand tu lui déverseras tout ces souvenirs, comme un collectionneur, tu veux faire l’expérience de moi, de mon cul ! Et moi je te dis non, tu perds ton temps d’abord parce que je n’éprouve aucun sentiment envers toi, mais surtout, que tu n’es vraiment pas doué pour côtoyer quiconque ; encore moins une femme. Je suis désolée de te le dire comme ça, mais ton rôle, ton sort, ton formatage, pour tout ça la vie ne t’a pas particulièrement gâtée ; elle invente souvent, se trompe beaucoup, et produit parfois inutilement certains êtres… En fait, je crois deviner où tu vas, vers quel avenir tu te destines, et je ne t’envie pas. Qu’as-tu à nous raconter de si intéressant ? Oui, ta vie ne m’intéresse pas, tu n’es pas suffisant, tu n’es qu’un songe déplaisant, un être imaginaire, un passant que j’ai croisé il y a peu, que je connais trop pour vouloir l’arrêter… Adieux !

(parole entre deux sommeils - 4 juin 2017 à 1h00) (ajout)(suite)

Il prit cela en plein dans la figure, cet aveu avait le mérite de la franchise et éclaircissait radicalement sa situation, pendant un instant, il eut envie de s’enfuir dans un calvaire quelconque pour s’y perdre, son habitude des déconvenues l’en chassa pourtant ; il s’exclama d’un rire jaune et s’en retourna à ses occupations régulières, vexé de ne pas se sentir à la hauteur de cette femme qui l’épatait véritablement.