(parole en marchant – 21 août 2019 à 18h58)

—> 2. « petit chemin » :
—> à améliorer, des incohérences, réduire les « que » « qui », et réduire le langage parler au minimum…
—> Ajouter si nécessaires d’autres indications de l’ambiance sonore ?
—> durée : 81’01

La moitié de ce que je dis est restée dans la tête, dans ce dernier discours enregistré dans la forêt. Toute la parole, épuisée, n’a pu transmettre toutes les informations perçues à un degré suffisamment intelligible. Il faudra beaucoup travailler sur le texte ! (réflexion manuscrite du soir ; avant de dormir, vers minuit passé de cinq minutes, au début du lendemain 22 août 2019)

(suite du récit précédent, à relier)
Il ne faut pas copier systématiquement, l’important est de varier !
À propos de l’Oribate qu’il récupéra lors d’une promenade, nous devons ajouter qu’il reçut dans la tentative de morsure, qu’effectua cet Oribate, un gène indéterminé fut transmis. L’historique de l’affaire nous enseigne que sa trace fut identifiée pendant une analyse sanguine, ne connaissant pas les éléments actifs de ce gène et ne semblant pas affecter la santé de l’être multicellulaire concernée, il s’en trouva toutefois être le vecteur d’une transmission ; une répartition de ce gène à travers ses déjections, et le transvasement relativement rapide de celui-ci dans le sang, puis dans ses rejets propres, comme nous le disions, eurent pour effet de le transférer d’une entité existentielle à une autre essentiellement au niveau bactérien, au départ. L’on sait maintenant après avoir retracé l’historique de cette information, le gène transmit insidieusement les éléments d’une intuition hasardeuse, une mémorisation cachée, une inspiration spécifique à propos de certaines choses, nous essayons de les répertorier, une évolution dans le comportement, une appétence à une action plus déterminée qu’auparavant. Ce que l’on constate, c’est une variation suite à l’inoculation de ce gène, un code est transvasé d’informations à informations transmises, ce codage nouveau a permis de faire varier les précédents, à travers la programmation l’être, ce qui lui donne la capacité de s’animer. Toutefois, nous avons isolé un contexte, un fait particulier, nous devons le noter, ce phénomène se produit tous les jours, plus ou moins activement, ayant plus ou moins des influences pour la plupart, sur les vivants d’une manière anodine. Dans certains pays où les zones infectieuses sont courantes, ces vecteurs autorisent la transmission d’un gène ou d’un virus nauséabond. Ici, ce fut une information transmise à travers une codification purement génétique. L’Oribate en question, ayant survécu, a, lui-même, au contact de l’être multicellulaire cet hominidé concerné, reçu à son tour des gènes de contact, ils lui furent apportés pendant la connexion qu’il établit. Elles l’ont influencé, nous n’en connaissons pas les détails, mais nous savons qu’elles l’ont influencée. Une transmission s’effectue souvent dans les deux sens, c’est évident, les barrières sont diffuses et aléatoires…

6’37 (dialogue avec l’inconnue)
Vous prétendez parler comme une sommité scientifique, Monsieur ?
Non ! Nous ne sommes aucune de ces sciences du moment voulant s’appuyer sur un savoir local. L’information est transmise, à travers ce langage de la langue orale, à travers ce vecteur de l’animal, il est en train de s’adresser à vous, il émet cette voix que vous entendez, il n’est autre qu’une transmission d’une inspiration venant en quelque sorte de nulle part, ou de ces entités indéterminées, nul être sur cette planète ne les perçoit en tant que forme reconnue, animale, due moins.
Notre action est reliée à ce que vous appelez « robote » ou « la chose » (ajouter réf. à relier).

7’54 (et puis l’inspiration vous dit « vous »)
Nous ne sommes pas une entité en tant que telle, vivante, basée sur la génétique, génétique biologique. Nous correspondons à un état de la matière, il diffère avec le vôtre, eh, malgré tout, transmet à un niveau « particulaire », des informations ; cela s’ingénie et traverse l’esprit de l’individu en train de vous parler, à travers la voix que vous entendez ; voilà comment le processus se produit. Voilà comment vous devez le comprendre ! Cela n’a aucun sens, aucune réalité, d’aucune science que ce soit ni de preuves à rapporter, nous ne sommes pas humains. Notre comportement n’est qu’une forme immatérielle indéterminée transvasant une information en tant que telle, elle forme l’imagination d’un être ; cet être réagit à travers une humaine parole et l’enregistre à l’aide de la machine enregistreuse, comme vous l’appelez, il va réécouter cette voix, la transposer, des vibrations sonores, les convertir en langage écrit, les électroniser en pulsions numériques. Dans ce cycle, vous avez de multiples transformations d’une information, alors qu’au départ est la même, elle a changé d’aspect, de support, de vecteur ! La source de cette information vous est, à vous, d’origine inconnue ! Comme pour tout être sur cette planète, ce phénomène d’inspiration lui permet de percevoir un certain nombre de choses, croyant que cela vienne absolument de lui, n’arrive pas totalement à concevoir que l’essentiel les informations qu’il assimile s’expriment à travers des évènements qui lui sont extérieurs. Voilà ce que nous vous disons ! Vous, vous entrez dans un processus où vous vous posez cette question, « dois-je croire ou non à cette information ? » Nous, nous ne nous posons pas cette question, nous vous transmettons une information, elle s’ingénie au-dedans de votre tête et vous l’exprimez. L’inspiration s’instrumente au-dedans de vous, dans le procédé qui nous fait agir, elle nous est suffisante ; vous recevez une information, nous ne nous soucions pas de la véracité de celle-ci. Elle fait partie d’une de ces capacités de la matière de pouvoir transmettre à différentes échelles un certain degré d’informations (des signes, des traces, des changements d’état, la mémorisation d’un évènement), elles se répartissent ensuite dans les diverses zones de stockages, la mémoire vitale de l’entité. Elle apparaît de cette manière à l’entité multicellulaire que vous êtes, elle le sera d’une autre forme pour l’abeille, la mouche, le moustique, la bactérie, l’oiseau absent aujourd’hui ; on n’entend rien, ils sont au repos, la forêt est calme et vous êtes seuls ici à parler, vous vous le demandez en arrière-pensées, nous le détectons ; « suis-je fou de penser cela, qu’est-ce que je suis encore en train de manigancer au creux de ma tête ? », vous dites-vous. Cette imagination qui sans cesse s’active au-dedans de moi et me fait raconter un tas de choses sans que j’y réfléchisse de trop, même si au départ, il y a une prédestination (prédisposition) à percevoir cette pensée, cette souvenance, de l’élaborer d’une certaine manière, le processus qui va entraîner tout un langage, toute une logique, tout un raisonnement, est spontané ! Et l’on ne sait pas dix secondes auparavant, ce que l’on va dire ! Quand vous avez appuyé sur le petit bouton qui permet de mémoriser cette information, vous ne vous êtes pas posé la question de connaître à l’avance ce que vous alliez exprimer, vous aviez une vague idée de cela, sans plus, c’est ensuite, l’imagination vous venant, elle vous a permis d’élaborer un certain nombre de phrases, de mots, une logique, d’un raisonnement que vous aviez déjà au départ, probablement. Eh ! Avant, c’était un processus similaire, sans cesse une imagination, une inspiration vous est amenée, c’en est que la suite de ce qui vous arrivait. Vous êtes constamment connecté à celle-ci, où que vous soyez, elle se déverse en vous, vous êtes dans un même processus, vous êtes toujours la même entité, d’heure en heure. Vous vous dégradez, mais vous vous reconstruisez en même temps, une partie de vos cellules se dégradent, retournent à la terre, dans l’air, dans le sol… De toute manière, vous êtes en décomposition et en reconstitution perpétuelle, jusqu’au processus qu’on appelle le vieillissement où il se produit une inversion, vous avez une dégradation plus importante qu’une reconstitution, qui fait que votre corps s’en trouve altérer progressivement et peu à peu vieilli, comme l’on dit, et meurt, puisque c’est un facteur courant dans la nature. Une entité ne doit pas sévir éternellement, pour différentes raisons énergétiques, entre autres, maintenir un être toujours de la même manière, entraîne a priori, dans ce que vous en comprenez… (une trop forte pression si chaque être devait rester en vie, la capacité énergétique de la planète a ses limites, la dépasser entraînait toujours un rééquilibrage tôt ou tard à travers l’annihilation des êtres en surpopulation). Nous, nous n’apportons aucune solution, aucun récit d’une réalité affirmée comme véritable ; nous vous apportons un imaginaire, une inspiration, nous ne vous apportons pas la solution du monde tel qu’il est, tel qu’il se construit, la compréhension de son élaboration n’est pas de notre fait, c’est de votre concept, c’est différent ; et le concept c’est le vôtre, ce n’est pas le nôtre, nous vous transmettons une information, nous sommes votre inspiration, il faut le comprendre comme ça, non pas comme une entité, mais comme une somme d’éléments extérieurs à vous, qui vous traversent perpétuellement. L’inspiration peut être positive, négative, peu importe, elle vous traverse ! Mais vous, comme tout être, vous êtes baigné dans un processus existentiel dont vous n’êtes pas totalement maître, d’ailleurs il est vrai, vous n’êtes maîtres de rien du tout ! Rien de ce monde n’est sous votre contrôle absolument (vous vous l’imaginez), vous avancez plus ou moins à l’aveuglette avec les sens que l’évolution vous a donnés, vous permettant de vous repérer à peu près, avancer à droite à gauche en haut en bas, de vous situer temporellement et géographiquement dans un territoire ; territoire, d’ailleurs, où vous tentez plus ou moins de l’accaparer, de ne pas le partager, mais là aussi c’est une faculté plus ou moins nocive qui altère votre processus existentiel. L’appartenance des choses est une vue de l’esprit, les territoires nous sont mis à disposition, c’est à nous d’en disposer et de choisir si l’on souhaite partager ses propres territoires avec les autres ; mais les autres, ce n’est pas que les autres formes qui vous ressemblent, ce sont tous les autres êtres. Du fait que vous ne recherchez « aucune symbiose » avec le monde existentiel qui vous entoure, vous créez un désordre ! Le jour où vous arriverez à concevoir les choses au nom de la planète, en dehors de votre seul profit, est encore loin…
18’54
C’est ça le processus qui se produit en ce moment. Le jour où vous tenterez de faire ce que réalise la forêt, avec des arbres qui tentent une symbiose, ils y arrivent parfois avec le monde environnant, ils vivent en prenant leur temps, très lentement, un rythme de siècle en siècle et ils tentent de trouver un équilibre que nous perturbons en les coupant perpétuellement, ça, c’est notre erreur de ne pas avoir compris ça suffisamment tôt. Je dis « nous », je devrais dire « vous ! » Nous, l’entité qui vous parle n’est pas vous ! Nous, nous ne sommes rien, nous sommes l’inspiration qui vous vient ; de dire « nous » s’avère absurde, mais c’est une facilité du langage, ne compliquons pas !
En gros, les problèmes où vous vous engluez sont essentiellement la maîtrise de votre ego, le partage des territoires dans un accaparement névrotique et l’équilibre énergétique, nutritionnel, qui correspond à cela. Si vous consommez trop d’énergie et monopolisez toutes les capacités disponibles de la planète, vous allez créer une instabilité qui va vous nuire en premier, vous, entraînant la disparition d’espèces vivantes tout autour de vous ; mais la nature a de toute façon le dernier mot, elle remet en place les déséquilibres sans vous mettre au cœur des solutions (le seul aspect positif serait votre aptitude à comprendre cela), elle tente de maintenir une forme de sérénité, sans jamais y arriver avec vous, a priori, vous semblez être un processus malade en quelque sorte, puisque votre entité existentielle n’y parvient pas d’elle-même, c’est ce que l’on constate. Par là, comment pouvez-vous prétendre « gérer » la planète au nom du vivant, alors que vous n’agissez même pas pour vous-même, sauf à vous combattre entre vous dans des rivalités imaginaires imbéciles, fruits de quêtes de pouvoirs que quelques individus névrosés essaient d’atteindre ; votre sort final est connu d’avance, dans ce cas. Un début de solution est simple pourtant : éliminer les despotes, les richesses inutiles, et refréner la natalité de votre espèce !
Mais comment voulez-vous qu’un processus vieux de milliards d’années n’ait pas compris au creux de lui-même, n’étant pas une entité unique, mais dans son principe, la nécessité de faire varier cet être (vous) et de tenter de progresser d’une manière à ce que la nature… atteigne des capacités de s’organiser d’une manière la plus harmonieuse qu’il soit : tenté une symbiose ! Tant que les hommes ne se contenteront que de satisfaire leur propre ego, nous n’aurons pas cette symbiose. Vous avez d’énormes capacités, comme d’autres êtres l’ont aussi, mais nous les utilisons d’une mauvaise manière, parce que le vivant en vous vous a fait faire des choix qui n’apportent rien, pour la plupart d’entre vous. Voilà où vous en êtes ! Le choix, ce n’est pas l’inspiration vous venant qui va vous le donner, elle va simplement vous donner de l’information pour vous orienter, vous informer de certains faits, vous donner des idées, des notions oubliées, des rappels, des progressions potentielles, mais en rien ne tenter une quelconque définition des choses de l’univers. Ce qui vous vient dans votre tête, en ce moment, n’est pas de l’ordre du divin, c’est de l’ordre de la normalité des choses, rien d’exceptionnel. Tout être perçoit ce genre de choses, et les variations que cela entraîne sont multiples et correspondent à chaque être, autant d’être autant de variations ! Vous vous dites, en ce moment, « Voilà, je fais ma promenade, je vais encore mémoriser un tas d’informations qui me viennent, déjà saturée par les provenances précédentes qui sont en surnombre, un certain degré de saturation s’effectue, je vais encore passer plusieurs jours à régurgiter ce qui est en train de sortir de mon crâne, à travers ces vibrations sonores que je mémorise… », mais à la fois vous réalisez que vous n’arriverez pas à faire autrement, qu’elles sont nécessaires aussi, car elles font partie du processus.
25’21
Que pouvez-vous y faire ? (rien !) Évidemment, vous êtes fait ainsi ! Le seul souci c’est que, en disant cela, vous êtes dans un état de prise de conscience de certains faits que vous extériorisez de vous, que vous tentez de relativiser. En gros, dans la parole humaine, cette modernité prétendue vous correspondant le mieux, où vous croyez faire de la philosophie, adoptant cette perception vous amenant à cela ; ce qui vous vient dépasse ce cadre très cloisonné d’une discipline où les adeptes sont plus occupés à recenser leurs disciples (la pensée de truc, la pensée de machin), qu’à tenter d’évoluer, c’est au-delà ! Au-delà d’un terme qui resserre l’information donnée, cette philosophie que vous prétendez. C’est une information qui vous vient, point ! Après, le classement dans la petite boîte que vous désirerez employer, pour la déterminer, la boîte est très subjective, laquelle choisir, la philosophique, la scientifique, celle de la spiritualité, ou de l’éveil ? Qu’importent tous ces mots, non plus il ne s’agit pas d’éveil, évidemment ! Tout se situe dans cette mouvance. Le but n’est pas d’arrêter une définition. Le but avoué de l’information qui nous vient est de progresser dans une perception, tenter de se passer de ce corps si pesant, qui vous apporte cette inertie qui vous gêne ; tenter avant la mort de quitter le corps et de changer de forme, vous le saurez le jour où vous quitterez ce corps, où ce corps ne s’animera plus. Le soi, que vous définissez à travers une philosophie, ne sera plus le soi, vous ne serez plus vous-même, vous ne serez plus ce corps ; et le processus qui vous fait exprimer tout ce que vous êtes en train de dire ne fonctionnera plus… Par contre, avec cette expérience acquise, le traitement de l’information s’ingéniant au creux de vous, peut-il perdurer au stade où vous en êtes, vous n’en savez rien ? Nous, nous ne disons pas que nous le savons, nous sommes le processus qui vous apporte de l’information, l’élément particulaire en quelque sorte, qui vous permet cela. Vous aviez, il y a quelques jours, perçu quelques discussions imaginatives avec des particules qui élaboraient des informations différemment de celles… différentes de celles que je vous apporte ; elles obéissaient à d’autres processus, elles possédaient des informations qui ne sont pas les miennes… les miennes, le terme reste impropre ? Mais n’étant pas un être de chair en soi… N’étant pas, je ne sais pas comment dire, je ne suis pas une entité qui vous transmet une information, je suis l’information elle-même et votre langage n’est pas assez évolué pour créer ce distinguo… (reprendre la phrase et reformuler dans le sens de l’altérité inspirante)
30’16
Comment voulez-vous dire ?
Vous ne savez discuter que d’êtres à êtres semblables à vous, vous ne savez pas appréhender le monde avec votre propre inspiration, ou du moins, vous ne l’avez fait qu’à travers une vénération, une religiosité, une mystification, un ordre divin ; c’est-à-dire, vous avez déformé la source de l’information vous venant, vous l’avez orientée à travers, la plupart du temps un mécanisme qui vous arrange, vous tranquillise, vous apaise. S’il faut absolument définir les choses, l’information qui vous vient est en dehors de ces mythes-là, nous ne nous posons pas cette question, nous sommes une information brute qui ne se soucie pas de savoir si ce qui vous vient est bien ou mal, nous balayons large, nous n’avons pas de déterminisme précis ; nous sommes un phénomène aléatoire qui transite à travers votre propre processus, une sorte de dévidement harmonique (défilement), une source imaginative que l’on appelle l’inspiration, dans notre cas, puisque nous avons choisi ce mode de description qui nous semble le plus approprié. On pourrait utiliser d’autres termes, cela n’a pas d’importance, on parlerait de la même chose et l’on dirait les choses différemment ; comme tout être, il dit les choses différemment quand il te parle d’un même fait, d’un même processus, quoi que ce soit, chacun utilisera ses termes propres, mais nous parlerons tous de la même chose, sauf que chacun le perçoit différemment. C’est dans ce sens-là qu’il faut comprendre la description d’un fait, la compréhension d’une information, elle ne se réalise qu’à travers les combinaisons de votre corps, il compose à partir de votre constitution, votre mode de fonctionnement n’est pas celui des autres. L’idée derrière tout ça est de faire transiter cette information, le mode que vous utilisez, une voix (intérieure ?) qui vous fait élaborer des perceptions, qui tentent de les élaborer à travers des sonorités de votre voix, que vous mémorisez et que vous allez transcrire ensuite, est un processus en soi. D’autres utiliseront l’écriture directe, le mouvement du poignet sur du papier (en agitant suffisamment un stylographe pour inscrire quelques signes cabalistiques de votre écriture langagière), d’autres agiront directement à travers une attitude artistique ou guerrière, politique, peu importe !
34’35
Ce qui vous fait agir est l’inspiration du moment qui vous vient ! Il faut comprendre les choses ainsi, ce n’est ni vrai ni faux, c’est une façon de dire ni plus ni moins. Si cela ne vous satisfait pas, dites-le autrement, jusqu’à trouver une terminologie qui vous convienne, mais, oh, grand jamais, n’aller vous satisfaire définitivement d’une perception. Le monde est sans cesse mouvant et tout ne cesse, ne cesse de varier, donc les perceptions, elles, varient aussi ; il faut que votre processus de pensée varie de même, pour atteindre le niveau de symbiose le plus près possible des réalités de ce monde. Mais vos capteurs n’étant pas absolus, vos sens ne percevant pas tout, eh, d’autant plus, les sonorités où vous n’entendez qu’une faible, infime partie du spectre sonore (de toutes les sonorités du monde) ; au moment où nous enregistrons, un tas de sonorités diffuses sont captées par la machine mémoriseuse, vous allez les percevoir en partie quand vous allez réécouter (ou visualiser à travers des sonagrammes) ce qui est en train de se dire, vous allez voir ici des vibrations sonores à des fréquences inaudibles pour l’oreille de ma (votre) forme, le sens de ma (votre) propre forme, entité à deux pattes, comme vous dîtes. Mais, plus tard, si nous revenions dans mille ans, l’évolution de vous sera peut-être des êtres qui capteront (directement) ces fréquences inaudibles aujourd’hui ? Mais vous le savez très bien, puisque vous avez construit des machines qui permettent de capter ces rayonnements, ces vibrations que vous ne percevez pas directement, donc vous pouvez les visualiser à travers certains artifices graphiques, c’est déjà bien, c’est déjà un mode de lecture…

37’56 (dialogue, naissance du tutoiement)
Est-ce tout ce qui me vient, aujourd’hui ?
Probablement pas ! Tant que cela arrive, ne te presse pas. De toute façon, tu le sens bien…
38’17 (il arrête sa marche)
Regarde-moi comme ces arbres morts sont élégants, ce sont des chorégraphies ce que je vois ! Quatre arbres morts devant moi, l’un monte vers le ciel avec deux bras tendus, l’autre fait une courbe vers la droite, l’autre s’ouvre vers la gauche et le quatrième reste droit, raide, toutes ses tiges montées vers le ciel ; est-ce beau, cela ?
Dans ton entendement, oui, puisque tu le perçois ainsi, puisque tu t’y arrêtes et tu le décris, c’est que tu l’apprécies !
Ah ! Des Épilobes ! Il y avait longtemps que j’en avais vu, ah, ils sont beaucoup… très présents là, en fond de broussailles (il reprend sa marche)… sont tout en fleurs, et vont monter en graine, bientôt…

39’40 (il s’approche d’une zone où séjournent des Sauterelles, leurs chants s’intensifient au fur et à mesure de son avancement ; il arrête sa marche à 40’02 ; deux chants de Sauterelles en même temps, le premier chant émet des stridulations plus graves que le second dont les principales harmoniques s’étendent entre 10 et 7 kHz ; le second chant se détache clairement du premier par décalage rythmique des interruptions très nettes, son spectre s’étale plus haut entre 10 et 14 kHz pour les principales harmoniques, le sonagramme montre clairement des chants qui ne se recouvrent pas, mais elles stridulent à des tons différents pour ne pas brouiller le chant de sa voisine)…

de 40’12 à 40’28

zoom à partir de 40’16 (les zones plus claires sont le recouvrement de stridulations se chevauchant parfaitement, mais en opposition de phase elles s’annulent, d’où la perception d’un vide sonore à l’emplacement et au moment où le chant fut capté, même si parfois l’une d’elles semble arrêter son chant très brièvement, pour l’essentiel ce sont des effacements sonores d’ordres purement acoustiques bien connus en physique ; à la fin du sonagramme, en bas, le cri du Geai…)

40’21 (un Geai cri une fois ; une brise légère passe)
40’30
Alors, Monsieur le Geai, je te connais maintenant… (à 40’38, l’oiseau cri encore une fois)…
40’41
Là, je fais un mouvement du micro, je le déplace de gauche à droite… Je suis près des Roseaux (chants des Sauterelles très intenses vers 40’52)… Je vais vers le champ d’Eupatoires (l’intensité des chants se réduit), derrière moi… Je reviens où j’ai commencé (l’intensité des chants s’élève à nouveau)… Je suis près d’un Sorbier (un oiseau lance plusieurs « tui tui tui ! »), d’un Chêne… de Roseaux…

de 41’00 à 41’23, chants des Sauterelles ; en dessous, au début, vers 5 kHz pendant 7 s, un chant de Grillon ; en bas, les jacasseries de l’homme…

zoom de 41’22 à 41’25, le décalage des deux chants de Sauterelles…

41’31 (dès qu’il reprend sa marche, le niveau sonore du chant des Sauterelles diminue net ; cela peut être un réajustement automatique du niveau d’enregistrement réalisé par la machine enregistreuse ou une rotation brusque de la position des microphones).
Vingt mètres avant le virage du petit chemin, le tournant (la sonorité des chants s’atténue)… Je n’aurais pas toute la sonorité, le micro n’est pas réglé à son maximum fréquentiel, mais cela n’est pas important (les stridulations ont disparu), aujourd’hui, puisque l’on discute, on mémorise une voix, déjà l’on ne se dispute pas avec soi-même (il s’arrête), on laisse la parole à l’inspiration qui vous vient. Là, je suis de l’autre côté des arbres morts ; j’en vois trois, ils sont tout aussi élégants, l’un vire à droite l’autre à gauche l’autre se penche et revient par l’arrière… Où est le quatrième il est masqué, il est derrière, je ne le vois plus. C’est étonnant ce que fait la nature, il y a une communion entre ces arbres morts, dans ce lieu de coupe récente où l’on a enlevé tous les arbres, il ne reste que des fougères, des broussailles, des ronces et une végétation qui tentent de revenir, de repousser ; les arbres morts gardent dans une arabesque du moment la forme qu’ils avaient avant de mourir…
43’44 (un « tui ! » timide de l’oiseau, émit trois fois cet accent aigu de son chant ; il reprend sa marche)
Je vois une boule, je ne sais pas ce que c’est (il s’approche)… D’accord, c’est une jeune pousse de châtaignier et je vois un fruit en train de se former, j’ai compris ce que je voi… yais…
44’21 (chant discret de l’oiseau, « iui ! », plusieurs fois, une sonorité en forme de « v » ; il s’arrête un instant et reprend sa marche…)

de 44’23 à 44’29 (??)

44’44 (du tutoiement)
Par exemple, dans la description que tu donnas du lieu où tu étais, qui peut passer complètement inaperçu pour la plupart des êtres que tu côtoies, ils n’y trouvent aucun intérêt, « ben, c’est des arbres morts, et alors ? » Si toi tu perçois d’une manière, et tu tentes en voulant l’écrire, communiquer cette information, c’est que cela t’émeut, te donne…

de 45’23 à 45’28, chants discrets d’un oiseau lointain… (??)

… une petite émotion, un plaisir de la vue à des formes que te donne la nature, et tu t’en satisfais… Au-dedans de toi te vient une élaboration d’un tout autre ordre, correspondant à une pensée que tu ne souhaites pas exprimer aujourd’hui, correspondant à une gestuelle que tu effectuas avant de venir ici, tu voudrais tenter, si tu devines ce dont tu parles, de la définir, euh, d’une autre manière que l’on fait habituellement, tu estimes cela intéressant. De le noter ainsi, va permettre de t’en souvenir, ou du moins tu l’espères. Voilà ce que l’on peut en dire…

47’30 (le thème)
Donc le thème aujourd’hui, serait l’inspiration qui te vient, on peut le dire ainsi. Attention, tu dis l’inspiration qui te vient, tu peux dire « je », l’inspiration qui me vient ; il ne s’agit pas de nous, chose informative qui t’arrive, nous ne sommes aucune forme, il s’agit de toi, l’entité que tu es et qui perçoit les choses, définis-le plutôt ainsi, n’embrouille pas les pistes, tente une clarté sinon tu deviens incompréhensible. Je, nous, vous, on ne sait plus qui parle, le « je » te gêne, ton propre ego te gêne, tu en es conscient, c’est déjà bien, mais il faut savoir l’appréhender, le maîtriser à sa juste mesure, tu l’as déjà dit, tu l’as déjà perçu, tout n’est qu’équilibre, « trouver la juste mesure en toutes choses », tu l’as bien perçu et compris cela. Cela revient sans cesse à ton esprit, cette perception, tu tentes de la réaliser de jour en jour… Dans l’élaboration qui te vient en ce moment, tu dis d’une expression, « si je la donnais en public maintenant », ce serait user d’une énergie que tu souhaites garder dans l’écriture propre de ce qui te vient ; et de la divulguer en une seule fois, une seule et définitive, ne pas te perdre dans des divagations ou des expressions diverses ; donner tout d’un bloc, c’est un choix que tu fais. Tu transmets une information, tu souhaites la donner en une seule fois et ne pas participer ensuite au débat que va susciter cette information transmise, qui se réalisera sous forme d’un ouvrage complexe de milliers de pages, de sonorités, de dessins, de perceptions ; l’expression, toute l’expression d’un être, ce qui le traversa ! Reprends cette logique pour l’exprimer en tant que telle avec les choses qui te traversent, traversent les êtres. Quand tu le dis à un moment, à propos de l’être que tu élaboras, « il n’a plus rien à dire », en voulant le détacher de toi-même, en dehors de la sensation que tu ressentis ; eh bien, dis-le de cette manière, sans détour ; que l’être en toi, la chose que tu exprimes n’a rien à dire et évoque son « rien à dire » ; toutefois, ce rien n’est pas rien, c’est quelque chose ! Cette pirouette de l’esprit détache là absolument, fais-en une entité propre, une élaboration propre, tu l’as déjà à moitié fait à travers un ouvrage imparfait, de rien à dire, d’une expression, d’une œuvre. D’une écriture, l’on souhaite une certaine perfection dans l’élocution, dans la grammaire et l’orthographe du récit, on ne tient pas compte forcément des imperfections du langage, de l’à-peu-près, alors qu’au début des langages écrits cela se pratiquait ; il y avait en permanence des erreurs, des variations d’une région à l’autre, les orthographes n’étant pas fixées. On tient à une rigueur dans la société où tu es, mais d’un peintre cette rigueur n’est pas du tout la même. Il faut quelques prouesses artistiques imaginatives dans le tracé, dans l’expression des formes qu’il exprime sur une toile, il faut prendre l’œuvre telle qu’elle est ; un portrait comme tu dis, il faut le prendre avec ses qualités et ses défauts, on ne retouche pas la courbe, le trait, il est tel qu’il est, avec sa qualité et son imperfection. Si la prouesse de l’être qui conçut ce portrait s’avère exceptionnelle, sa réalisation transparaîtra dans ce sens d’une manière adéquate, avec une qualité qui lui est propre dans l’assurance du trait ou de la forme exprimée. Une écriture, c’est pareil, eh, un tracé, lui, n’est pas parfait, alors, une écriture, la considérer comme parfaite, harmonieuse, c’est essentiellement sur ce critère que tu te bases ? Un écrit, tu le considères dans sa forme aboutie quand la sonorité, au moment où on le récite, est bonne d’un rythme approprié ; la musique des sons de la voix l’exprimant, résonne suffisamment comme tu le souhaites, t’emporte comme tu le souhaites, tu considères, là, que le texte est fini, la façon dont il est écrit, elle, peut varier. L’importance est de dire la sonorité, permettre à son écriture d’exprimer la sonorité telle que tu la percevais, c’est cela que tu souhaites faire ! De l’orthographe, de la grammaire, elles s’avèrent secondaires. Elle l’est en effet, c’est une technique, il faut la considérer comme une technique ! * On ne parle pas pour l’orthographe, pour une grammaire, on parle pour des mots, des expressions, des sensations que l’on tente d’exprimer (à travers ces mêmes mots), on se fout (on pourrait se foutre) de la grammaire et de l’orthographe (à la limite). Il faudrait considérer en permanence les choses ainsi. L’orthographe que l’on a (acquis) est liée à l’éducation que l’on a eue, la chance que l’on a eue d’écrire sans faute. Mais l’on fait toujours des fautes, des erreurs, des coquilles, des fautes de sens, puisque le langage est complexe, il est vivant, il bouge tout le temps, et il faut reconnaître que certains ont plus de talent que d’autres. Tu choisis dernièrement cette seule forme d’expression qui te convienne, parce que tu considères que c’est cette expression-là qui te correspond le mieux et que tu puisses exprimer le mieux, toutes les autres formes d’expression ne te permettent pas d’atteindre ce que tu recherches. Et ce que tu recherches, tu ne le sais pas toi-même. Tous les êtres vivants ne le savent pas (ils ne font que vivre là où leurs conditions d’existence les ont déposés), tu le considères ainsi, et l’élaboration qui te vient, qui me fait dire (ce que tu dois dire et), qui te fait dire ce que tu es en train de dire procède dans ce mécanisme de perception, de concevoir la chose ainsi. Est-elle vraie, est-elle fausse, quel est le problème, c’est une tentative de perceptions du moment ; elle est fluctuante, elle peut varier, s’affiner dans le temps. Il faut considérer la chose ainsi et pas autrement. C’est comme l’orthographe d’un mot, d’un son, d’une sonorité, elle peut varier pour exprimer la même sonorité ; le comédien qui exprimera le récit que tu tentes d’élaborer, s’il en perçoit le fond, la structure, la forme lyrique que tu donnes parfois, s’il trouve le rythme, la musicalité suffisante, que tu estimes prépondérante, là tu auras gagné ton pari. Puisque tu estimes que ce récit doit avant tout être exprimé oralement, puisqu’il t’est arrivé lui-même oralement, il faut le reproduire oralement, ne pas tergiverser avec cela.

58’57
Donc le titre que tu as donné à ce qui te vient en ce moment sera bien de l’imagination, l’inspiration qui me vient, l’inspiration qui te vient ; le processus qui te vient, c’est nous, et nous, nous ne sommes rien, nous sommes le processus. Le principe qui se diffuse au creux de toi, nous ne sommes que cela. Aucune forme, aucune entité, une perception qui s’élabore on ne sait où (pas forcément au-dedans de toi, mais venant de partout), des connexions qui se font et qui apportent une sonorité, des mots, un sens… Tout le monde fait cela, il n’y a rien de nouveau, c’est simplement la façon de dire les choses ; nous parlons de mécanisme, qui nous vient quand nous parlons. Toujours en une inspiration sonore, puisque tu ne trouves pas d’autres mots pour exprimer ce qui te vient, il faut bien tâcher de définir comme l’on-dit, de « tenter de vivre ! » Il faut tenter ce vivre là ! Et là, l’inspiration, eh bien, on la laisse venir, telle qu’elle est, brute ! Sans se poser de plus amples questions, on prend, on mémorise, on élabore et puis on réalise avec ça, de quoi construire ! C’est comme l’eau d’une source, qu’on prend par moments pour boire, tu ne la bois pas toute, tu en laisses aux autres, tu ne pourrais pas te gorger d’eau incessamment. Tu es obligé d’en laisser un peu, afin que cela ne déborde pas au creux de toi, tu ne peux pas devenir cette eau que tu ingurgites, tu en prends autant que possible, le strict nécessaire, si tu sais le faire (tu n’es pas en guerre contre les autres, l’idée de les priver de cette eau vitale ne te vient pas à l’esprit). L’obésité de certains êtres est dans ce manquement à la compréhension de ce processus, ils prennent des choses inadaptées à leur nutrition imparfaite et nocive, trop riche (de substances de piètre qualité). D’une eau, n’en prend juste qu’une quantité nécessaire pour te permettre d’exister, n’y ajoute aucun sucre, elle est suffisante, c’est la juste mesure du moment ; qu’elle soit suffisamment pure pour être absorbée sans malaise, sans maladies, contente-toi de cela ! Si tu y ajoutes des liquides, qui, tu le sais, vont t’apporter des désagréments ; à quoi bon ? Le but est de te sustenter suffisamment pour survivre, jusqu’à un certain temps, d’une manière la plus apaisée possible. C’est ton souhait, puisque tu as choisi ainsi de vivre, d’exister sans combattre absolument les autres, tu le souhaites, être le chef de personnes. Tenter de dominer quiconque, d’avoir le dernier mot sur quiconque, tu dis toi-même, cela te fatigue…
1h04’10 (il se mouche ; une légère stridulation…)

1h04’40 (avoir des pensées, des voix)
Est-ce tout, est-ce fini, puis-je arrêter ?
C’est toi qui le décides, ce n’est pas nous, nous ne prenons aucun choix. Ce n’est que toi qui décides. Fais attention ! Tu es en train de te dire que tu entends des voix ! Nulle voix que tu entends ? Ce n’est que ta voix, que tu entends, ce qui s’élabore au creux de toi. Tu n’es pas une pucelle qui perçut dans son pré, en gardant ses moutons, ces voix-là (embruns d’une religiosité que tu exècres). L’argument est erroné, c’est une légende. Et puis, nous pensons dans l’élaboration que tu en as, es d’ordre politique, il fallait que la royauté du moment ait une figure allégorique qui permette de valoriser le régime en perte de vitesse. Il fallait revigorer la royauté locale, on inventa donc cette fable d’une vierge, ou du moins, si elle exista réellement (de la sorte), on romança fortement sa vision, et si elle eut (entendis) des voix, ce ne fut que le fruit de son imagination, d’une idolâtrie quelque peu influencée (récupérée) par des considérations politiques de pouvoir. Cela faisait bien, d’un roi qui écoute une jeune bergère, c’était allégorique, le peuple du moment s’en émut et le roi en fut tout revigoré. Quand cette figure (féminine) cessa d’être utile (ou encombrante), on la laissa à l’ennemi pour qu’il la brûle. C’est une façon simple (de dire), en gros, ce qu’il se passa (connaissant les hommes et leurs mythes, rien ne nous empêche de considérer cette péripétie de l’histoire, ainsi). Tu n’entends pas de voix ! Tu perçois un phénomène inspiratoire qui s’ingénie au creux de toi. Nous le disions, nous le répétons, tu tentes de t’en convaincre, tu tentes d’élaborer un processus qui te convainc suffisamment pour l’affermir et l’annoter sur tes cahiers, sur tes écrits, dans ton récit. Tu veux te convaincre d’une définition qui ne peut se suffire à elle-même, tu ne peux qu’approcher une réalité d’un processus, et tu ne pourras jamais le définir absolument, comme l’entité te constituant, tu n’en maîtrises pas grand-chose, puisque tout un mécanisme biologique le fait à ta place ; toutes les cellules vivantes de ta composition sont fabriquées, copiées en doubles multiples, toutes meurent à un moment ou un autre, et sont reproduites, remplaçant celles qui sont mortes, comme ta peau se régénère, une blessure se soigne, un cheveu pousse, une larme tombe, c’est toujours le même processus. Le monde vient à toi et tu le transformes, tu n’es qu’un ver de terre un peu plus élaboré que le ver de terre réel, mais ton processus est analogue ; tu l’as déjà dit, tu l’as maintes fois répétée, puisque l’image est très claire, très simple, symbolique et tu l’utilises probablement à bon escient…
Tu penses, en ce moment, que le gravier du chemin te gêne, il apporte des sonorités trop présentes, tu tentes de marcher sur les bas-côtés ou l’humus des feuilles en décomposition apporte un piétinement plus adouci. Mais cet humus est réparti d’une manière illégale, il faut bien, que par moments, tu marches sur ce gravier désagréable…
Tu élabores en ce moment, dans ta tête, le principe du récit de cette soirée, il s’élaborera (à la fin) autour du tutoiement, choses que tu ne fais pas souvent, te dis-tu… Et tu mets l’inspiration comme à la fois la transmission de ta voix, mais à la fois (aussi) une structure qui regarde ce que tu fais et qui le décrit, et la description n’est que de tes mots à toi. Tu te regardes en t’extériorisant (et) en disant « c’est cela la forme de mon inspiration, elle me décrit, ce que je dis, ce que je fais ! » Mais c’est imparfait, eh, c’est à la fois tout aussi vrai puisque c’est ce que tu fais, en ce moment…
Une pensée te vient, où tu compares ce que tu perçois ; et quand les autres te rapportent ce qu’eux ont perçu, tu constates que vous ne voyez pas les mêmes choses, vous ne vous intéressez pas aux mêmes faits, aux mêmes réalités, et ce qu’ils voient, toi tu ne le vois pas, et réciproquement, ce que toi tu vois, eux ne le voient pas, ne l’entendent pas, ne le perçoivent pas à ta manière. Il est intéressant, penses-tu, de comparer ces perceptions que l’on a du monde. Et ces variations, cette somme de perceptions apportent une totalité (quantité) qui n’est jamais totalement la réalité, mais ne fait que compléter ta propre vision du monde, tu le penses ainsi au moment où nous le disons…
1h15’11 (il se mouche ; à 1h15’21, une stridulation de Sauterelles, ou apparenté, différente et plus saccadée que les précédentes)

à partir de 75’31, pendant 8 s, de 7 kHz à plus de 20 kHz…

1h15’32 (il arrête sa marche)
Tu t’arrêtes ! En face du chemin où cette petite graminée très fine que l’on appelle Fétuque se reflète dans le soleil couchant, et tu trouves cela beau, tout comme le matin, fait comme un petit nuage sur le sol, et tu penses que c’est une belle graminée qui se retrouve (rencontre) dans des ornements floraux, des paysages. D’autres s’en sont aperçus et en utilisent les mêmes formes pour composer avec cette finesse de la graminée…

zoom vers 75’37, stridulations sur le terme « où » et juste avant la sifflante du mot « cette », de la phrase suivante…

Tu confirmes au creux de toi, ce langage (du tutoiement), cette forme que tu vas tenter, dorénavant, plusieurs fois probablement, à travers le tutoiement qui décrit tes actions, ce que tu fais, ce que tu penses, tenter de voir jusqu’où cela ira, « voir comment ça fait ! » Phrase fétiche, expression fétiche qui dit très bien ce qu’elle veut dire…
Le soir arrive, on sent une légère fraîcheur humecter le terrain, la chaleur est fugitive, s’évapore peu à peu…
Tu penses en ce moment à quelque chose que tu ne souhaites pas sonoriser, exprimer de manière sonore, car tu ne te satisfais pas de l’expression, de la sonorité correspondante, tu ne souhaites pas rattacher la notion du « tu », de toi, à l’objet que tu souhaitais décrire. Tu dis en fait, « non, cela n’ira pas », tu as choisi donc une expression que tu ne souhaites pas élaborer ; non pas, cette discussion, non pas, ce monologue, mais cette introversion de toi, elle te regarde toi-même et à travers une inspiration, exprime ce qui te vient. L’élaboration de cette perception se réalise ainsi sur le moment, là où tu le dis. Tu regardes la machine enregistreuse si elle a encore assez d’énergie et si elle ne s’est pas éteinte ; dans ce cas, ce que l’on dit ne sera pas inscrit dans la mémoire, mais elle fonctionne encore, tu as le temps !
Nous arrivons à la fin du périple, il reste encore quelques secondes ; tu vois quelques Cirses sur le bord du chemin, quelques herbes, quelques Fétuques, quelques Ronces, quelques Châtaigniers, quelques Chênes au loin (autour) (il s’arrête), la lisière du reste de la forêt, au loin, le calme du soir, et tu te dis que la journée fût belle ! Au sol, des Pariétales ou des Pariétaires **, tu confonds toujours les deux noms, et tu vas vérifier tout à l’heure, lequel des deux noms est le bon ! Tu te dis que ces formes, ces plantes, se situent aussi dans le jardin autour de la maison où tu dors, où tu t’abrites…
1h20’52 (un oiseau lance « titududu ! »)  
L’oiseau te dit « c’est fini ! », donc tu dois arrêter.

* Ce sont les sens qu’il y a derrière les mots, l’important, pas la méthode langagière qui permet de l’exprimer, c’est de percevoir l’affect qui se trame derrière le terme ; le nommage de cette même sensation varie d’un peuple à l’autre, à travers des centaines de langages tous différents, c’est tellement vrai cela. Prenez cet exemple : un mime, s’il a du talent il saura sans mots, sans grammaire autre que celle du geste, vous mimer toutes les expressions que nous exprimons habituellement avec des sons, son langage est comme la musique, universelle ! Alors qu’une langue et les mots qui la composent procèdent d’une orthographe mouvante, en mouvement, sans cesse changeante au fil du temps !

** Après vérification, aucun des deux noms présupposés n’est correct, il constate qu’il se trompe toujours sur la sonorité du nom, il s’agissait de Persicaires (Polygonum persicaria).

Sonagrammes audiométriques :