(parole en marchant – 14 nov. 2020 à 14h39)

—> 2. « petit chemin » : sensations
—> durée : 12’08

(fatigué d’un embonpoint indécis, son estomac rumine, la parole s’épuise vite, il tente d’aller à l’essentiel, quelque chose de puissant le domine… et son nez coule, évacuant les humeurs superflues ; une mécanique biologique s’occupe de lui sans qu’il s’en soucie, et il trouve cela « étrange », sa solitude est donc toute relative, tout un monde s’anime, au creux de son entité une symbiose s’organise : une myriade d’êtres infimes le font fonctionner, cheminer, digérer, et il essaye de leur parler… Est-ce utile ? Ils savent déjà ce qu’il va dire ! « Avance ! » Ils ne cessent de le lui dire…)

Euh, de ce que l’on croit, mis en exergue, être un aboutissement d’une mémoire dont la capacité nous est inhérente, à un langage, de surcroît, qui sans cesse en rajoute à cette mémoire… non… comme toutes choses évoluent en ce bas monde, tous les êtres en sont au même point, juste dans leurs différences.
(Incertain de sa mémoire immédiate, il essaye de retrouver cette pensée qui le traversa avant qu’elle ne lui fasse ouvrir le bec ; attention, il se trompe peut-être de mots, devrait-on interpréter sa parlotte avec prudence ? L’accepter telle quelle ne ferait que le vexer. Les oiseaux le voyant à la peine gazouillent gentiment pour le soutenir, pour qu’il ne s’égare pas trop dans cet affect démuni causé par une digestion abusive momentanée… Qu’avait-il ingurgité ce jour-là ?)
Il y a ce qui t’anime et te perpétue, il y a ce qui t’anime et te permet d’exister…, il y a ce qui t’anime et te permet un langage, pour échanger, diffuser une mémoire sous-jacente ou apprise, etc., etc. Tout cela dans un ensemble qui te permet de progresser en dépensant une énergie salvatrice que tu consommes ; tous les êtres en sont au même point dans des degrés de complémentarité plus ou moins perçue par chacun des êtres, c’est cela, seulement ! Ne rendez pas plus compliqué ce qui est en fait basique et très simple, quand on y regarde de près. Nous zu… béissons… nous obéissons, avec des règles, des lois, si vous voulez, élémentaires (snif), qui ont besoin d’être simples pour se perpétuer, (elles sont codées) codées dans un ensemble de données qui permet les répliques suffisantes pour être transmises d’une manière ordonnée, « simpliste » diront certains. La simplicité n’est pas à un degré amoindri de l’évolution, c’est à l’inverse, une optimisation d’une faculté essentielle qui doit s’opérer (s’accomplir) de la manière la plus innée possible. Elle obéit à des instructions sous-jacentes vieilles souvent de milliards d’années, du moins à notre époque, qui sous-tende l’univers où nous progressons, où subsistons ; et dans ce principe, il y eut besoin de quelques préalables pour permettre notre subsistance, nous comme les autres, permettre la diversité ; ne prendre que soit comme centre de toute chose est une erreur (de jeunesse bien compréhensible), nous sommes à un point indéterminé dans un ensemble ni supérieur ni inférieur, nous le disions tout à l’heure, il ne s’agit que de différences qui se complètent, s’ajoutent ou s’opposent, le principe vital est là-dedans ; c’est pas très compliqué en fait (snif) ! Ce qui l’est moins, c’est la petite étincelle qui permet cela ; elle est historique (racontée dans une histoire), elle est un long discours que nous donne l’univers, pour atteindre ce point qui nous anime ; il correspond à une suite de préalables, tout ne nécessite pas des éléments instantanés qu’il eut fallu apporter en une seule fois. Tout se passe dans une progression simultanée d’éléments, qui (ils) s’ajoutèrent au fur et à mesure, et au hasard des variations, apporta ce fait existentiel, le principe même qui nous anime et que nous appelons le vivant (snif). Nous nous souhaitons… nous nous situons dans cela ni en plus ni en moins ni en supérieures ni en inférieurs (snif), dans toute la différenciation de la somme de tous les êtres qui composent ce fait patent, l’animation de choses vivantes sur cette planète (snif), construite de briques de l’univers ; tout ce qui nous assemble a été composé certes au creux des étoiles (rien pour l’instant ne prouve le contraire), mais à travers aussi dans des principes qui préludèrent à cet univers. Comme toute chose, cet univers, pour exister, eu lui aussi, besoin de quelques préalables pour se constituer ; et ainsi de suite. Nous sommes dans, semble-t-il, dans un cycle similaire, comparable, à un point indéterminé dont nous… la situation, en fait, géographique, n’a pas beaucoup d’importance (snif), car à cette échelle-là, tout est dans tout, nous sommes à la fois univers et partie d’univers. Il s’agit de savoir à quelle échelle nous nous situons, comme la loupe d’un microscope gigantesque capable d’observer comme une lunette (astronomique) les choses les plus lointaines, comme les choses les plus infimes (snif) ; il y a, à un certain moment, quelques similitudes à (entre) ces deux extrêmes, où l’on constate la présence d’un vide, de forces non visibles, une transparence complètement habitée quand on y regarde de près (snif).

Notons, à ce sujet, une véritable ignorance de notre perception actuelle. Par contre, nous ne savons pas si les particules, qui nous composent, qui nous fabriquent, nous construisent, elles ont gardé l’histoire de leur propre fabrication, existence ? Cette mémoire (snif) me semble récurrente partout (énergie, matière noire non discernée, mais pressentie ?), plus ou moins accessible selon que l’on regarde ici ou ailleurs. Notre émergence, notre surcouche, dans l’être qui nous constitue, n’a pas la capacité de… d’appréhender toutes ces nuances ; une infime partie d’un univers ne peut contenir, dans sa compréhension, toute la compréhension justement, de ce qui l’anime ! toute la maîtrise, c’est inabordable, hors d’atteinte (snif) ! Par contre, ce qui nous constitue, lui (il souffle et arrête sa marche)… a probablement en son sein, relié, les éléments de cette histoire, de cette mémoire, où ces particules se sont construites pour former le monde que nous voyons, la matière et les animations successives de celle-ci, à travers les diverses entités qui battirent cette planète. Là, c’est au moins une certitude. Mais cette histoire nous est profondément masquée. Eh, nous en découvrons, peu à peu, quelques bribes au fil des âges… pour passer le relais de cette information, semble-t-il, à la suite, à ceux qui perpétueront ce que nous sommes. Nous obéissons à un processus simple, immuable, où l’individu, l’affect y a une part infime, tout à fait infime et à la fois prépondérante, car c’est ce qui le conduit. Sans affect, pas d’humeur, pas de destin, c’est à la fois intime, lié, et profondément secondaire par rapport à ce qui nous construit et nous bâtit, cela fait partie de l’étincelle subtile de notre processus, nous en discernerons une part, mais pas la totalité, c’est impossible.

(Le philosophe, ou un autre assermenté d’une science des hominidés, à propos de ces théories exprimées là, affirmera que ce type exprime une parole confuse où tout se mélange, du « n’importe quoi », probablement. Quant à lui, il se sent profondément ignorant, ce qu’il raconte n’est que l’émanation d’une traversée d’un affect résorbé par la parole, en marchant au creux d’une forêt ; mais que peut-il bien être, il régurgite des mots dont il ne discerne pas forcément la signification originelle, son expression, sa manière de dire a autant de sens, sinon plus que les mots eux-mêmes [ces sonorités du langage que l’on gribouille d’un tracé symbolique sur des papiers, non, les mots sont trop imparfaits pour tout appréhender]. Il ne sait discerner la part d’une folie ordinaire, de tous les jours, de celle l’excluant d’une vie sociale, cela le rendrait-il digne d’un asile à visiter ? Il ne fait que se laisser guider par ce qui le dépasse, le leurre le nargue et se joue probablement de lui… Ajoutons, ironie du fait vivant, ces stratagèmes existentiels sont courants, ils régissent tous les êtres, la plupart ne semblent pas s’en apercevoir, lui, accepte ce fait, de n’être qu’un pantin qu’on anime et pousse à parler, délirer… et ne s’en émeut plus guère, il sait qu’il n’a pas le choix…)

(parole en marchant – 14 nov. 2020 à 14h52)
—> durée : 0’50

L’idée d’un « grand tout », qui englobe une totalité *, une divinité quelconque, d’une obédience religieuse ou non, ça n’existe pas ! Le « grand tout » ne serait qu’une totalité, l’univers, dans son entier, eh eh, il ne peut être décrété par une entité qui engloberait la totalité, non, c’est au-delà ! Dans une ignorance certaine, il faut ** accepter ce fait, pour contrebalancer cette croyance, d’une certitude…

* (Cette tentation de la simplification des choses qu’éprouvent bien des êtres, afin de décider à la place des autres, d’une réalité maquillée imposée par la force d’une loi, d’un dogme irréfutable [qu’ils ont érigé à des fins souvent despotiques] et maintes fois repris sous diverses manières à travers des philosophies, des religions, ou des sciences suspectes voulant tout unifier ; comme de cette tentation, ici et ailleurs, d’une écriture, d’un roman, ou d’une œuvre ultime, voire d’une énumération encyclopédique, sont toutes les tentations d’une réduction des choses, une synthèse voulant raconter une histoire, un mythe, une croyance, une certitude, un fait avéré, que notre affect a souvent besoin d’établir pour un apaisement de l’âme ; régulation, toujours, tempérée par le vivant avec plus ou moins de succès à travers des principes « homéostatiques », sortes de thermostats amenant à une température existentielle « acceptable » momentanément, afin de survivre dans les meilleures conditions possibles…)

** (Pourquoi donc « il faut » ? : juste un équilibre homéostatique à maintenir, ici. Une régulation de l’être, la vie y a songé depuis le début, simple histoire de survie, etc.)