(parole en marchant – 29 déc. 2020 à 14h24)

—> petit chemin :
—> durée : 48’45

(Par moment, la machine enregistreuse semble ne pas vouloir transmettre la bonne parole ?)

0’00

une Mésange charbonnière vocalise « tudi tudi tudi ! », un autre chant de Mésange huppée peut-être, au-dessus (vers 7,5 kHz) ; une légère pluie se fait entendre…

0’42
Avant d’arrivée à entendre un silence et à travers quelques gazouillements imperceptibles, maintenant systématiquement vous entendez ce bruit de fond de la machine hurlante qui, au loin, débarde le bois, cela ne cesse, s’abrège peut-être le soir, bien qu’ils travaillent tard (les bûcheronneurs du coin) ; on s’éloigne et le bruit s’estompe à peine… On ne voudrait n’entendre que le bruit de ses pas mêlés au vent et aux humeurs de tout le bois, mais non, ce que l’on entend ce n’est qu’un délabrement progressif… Comment voulez-vous, ne pas se morfondre dans un pareil climat où l’on ne débarde pas que le bois, même le son de ma voix s’en trouve démuni, peu à peu déconstruit. Je m’éloigne, le bruit s’estompe peu à peu, rattrapé par un autre de l’autre côté, je ne sais ; partout où je vais, des tas de bois innombrables s’accumule tout le long (des chemins), mais quand donc vont-ils s’arrêter dans leur frénésie, on assiste à une hécatombe, on voudrait un peu de joyeusetés, quelques sourires apportés, mais non, cela ne se peut ; tout dans le paysage, ici, m’apporte que des illusions, j’ai beau faire, vouloir plaisanter et sourire un peu, je ne vois que des crevasses béantes, les traces de leurs machines hurlantes. Je voudrais un peu de joyeusetés, de gaieté, disais-je…
Oui, mais que fais-tu pour cela, à par tes râleries ordinaires, aucun acte, aucune révolte ajouter au brouhaha ambiant, tu ne sais quoi faire, te voilà bien seul, petit être, au creux de cette affaire qui te mène par le bout du nez.
Que peut-il faire, le petit bonhomme, au creux de la forêt ? Leur dire, « taisez-vous, écoutez, taisez-vous ! » Eh, ta voix ne serait pas suffisante, tu t’égosillerais à en perdre le son de ta voix, arracher les cordes qui te permettent encore de prononcer quelques termes devenus illusoires. L’hiver ajoute à cela, son humeur : le froid, la pluie, n’arrange pas les choses, l’on devient médisant là où l’on devrait être un bien disant, on n’y arrive plus !
Qu’entends-tu encore, le vent t’essouffle fait un effort !
Certes, j’avance encore et la pluie a cessé, ce n’est que quelques gouttes…
C’est assez pour terminer ta marche, celle faite pour l’entretien de ton corps, petit être…
L’on se sent illusoire, insignifiant, et ce n’est pas peu de le dire, je le dis tout le temps, mais cela ne m’insupporte guère, puisque je m’en fous de mon insignifiance, elle me permet d’en rajouter dans ma médisance ; on prend quelques élans poétiques pour faire passer la pilule, c’est amusant ça ! Il faut bien s’amuser d’un rien, voilà !
Le petit ruisseau s’écoule…
(bruissement de l’eau)
Lui, il a une humeur, il coule tranquillement, déverse son eau paisiblement, il s’en fout, il n’a pas l’âme, il n’est qu’un fluide s’écoulant, il n’a pas notre souci à nous, les êtres hurlants quand ils souffrent…
Mais moi je ne souffre pas ni d’ailleurs je ne ris ! N’est-ce pas ?
Ah ah ! Et pi cé petite vo… Eh puis cette petite voix au creux de moi, qui me dis « tiens, tu parles pour la postérité, tu te gausses de ta voix, cette mémoire si elle fonctionne véritablement jusqu’au bout de ton avancée, quand tu la réécouteras pour la transcrire sur quelques supports électronisés ou de papier, que en diras-tu de cette littérature ? la mettras-tu ? Est-ce cela ta fierté ? »
Eh ! illusoire, comme le reste, je ne me fais pas de bile à ce sujet, depuis longtemps…
Ah, le soleil entre, un écartement de nuages m’apporte quelques rayons ; au loin, je vois des bûcherons affairés, ils découpent et débitent des tas de bois… Il faudrait que je cesse le son de ma voix, ils vont se douter de quelque chose quand je passerais à côté d’eux. Peut-être, en me reconnaissant, me débiterait-il en m’alignant (sur les tas) comme un bois que l’on a fendu ?
(un oiseau, pas très loin, tente de le prévenir « tu tutu tu tutu… »)
À défaut d’être de bois, je resterai de marbre !
N’est-ce pas défendu ?
(l’oiseau persiste « tu tutu tu tutu… »)
Ou peut-être tournerais-je au petit chemin, à droite, juste avant… Ils gardent la route, ils me voient approcher… Je passe auprès de l’arbre (mort debout) abattu par le vent, dans son délabrement, il n’a plus l’allure d’antan… Je tente de voir les branches tombées… ah si, j’en voie ! Il faudrait que j’aille le saluer…
16’47 (on commence à entendre les voix des bûcherons)
17’35
Bonjour !
Bonjour monsieur !
Alors ça coupe ?
Ben, ça coupe, oui, mais y’a du vol !
Ah ?
Ah la la, dit donc !
Ah oui, on vous en a volé beaucoup ?
Ah oui, ben gade’dont !
(il lui montre l’étendue de la rapine)
Ça serait pas vous, des fois non ?
Ah ah !
Ben, voyez, j’l’ai derrière mon dos !
(rire général… un bûcheron montre la machine enregistreuse au bout du bâton)
C’est quoi, c’est un truc pour euh…
C’est pour enregistrer les oiseaux…
Pas compris ?

(le robote, lasse, cafouille, serait-ce des voix dont il a la trouille ? Il n’arrive pas à transcrire correctement les sonorités emmagasinées par la machine enregistreuse, serait-ce qu’il se rebelle ? Ou serait-ce par moment que la machine enregistreuse n’aurait pas voulu transmettre la bonne parole ?)

18’00 (les récits tels qu’ils furent perçus)

Mais comme ah là vous dévoilant un loyer de la pour enregistrer les oiseaux, les oiseaux sont d’accord avec encore
de moins en moins d’arbres va pas là faudrait arrêter au des Lions de machines autres arrêtent monologuant dans quelques années aussi une norme sociale cessée que ça se régénère plus vite que les abattre, mais de la voix, ça fait région à ce que les avoirs aidés à la région.
Dans les années 80 gèrent autoriser dans deux fois plus de voix en allant la d’une façon modérée modèle à depuis deux ans et c’est ça le vivant découpe à n’en plus éloignons il y a peu de qui compte à tout le long la vallée vers long la avant les las papas robote de sa raison, passer la nuit balade si morne Grues nait pour nos ailes lança maintenant la terre et c’est et vous l’avez coupé à est valable de la bataille, des guerres de la marque de corps en abattant dynamite dans votre intérêt laser élément au plafond.
De toute façon, avec les situations actuelles.
Voilà, c’est à élabore à la pauvreté mémé améliorer la protège d’accord, malgré viendrait apprendre du bois c’est pas un gros calibre pour garantir, conduit ça, mais voilà cache pas qu’on est en hiver, il fait froid, mais bien tas de bois pour se chauffer maintenant l’on a nommé le stock de la mort n’est pas capable d’argent de, mais le problème c’est que vous de proposer bientôt bien défaillant pour la entendre la sentence entendre parler.
Espérons maintenant des machines condamneront que la machine ça résoudre les problèmes de l’énergie c’est pas le travail conférant moins ça,
c’est un travail qui le fait de voir beaucoup de comparer grandement énergétique d’une machine d’un être vivant, un homme, par exemple pour pour gravir une montagne pour une journée en énergie consomme sans boîte rien la même machine consomme quatre à cinq fois plus de vous comme couper du bois vous fait faire ça par une machine à cause de l’énergie vous allez consommer en mangeant tous au nourrissant,
ça cet astre infime à côté de la consomme carburant de la façade dura qu’un temps, la tiret d’une façon à une échelle humaine n’ont pas besoin, c’est à notre portée, la voix disait qu’il avait des containers venant de C…
entendu parler de encore y l’aime élégant des grosses machines a qu’ils n’ont pas de fait le fait que la machine pour faire la même chose, mais en moins temps des vacances, mais des centaines de fois plus d’énergie pour le font pas de bruit il ne pensa voilà,
voilà, coupé en deux vous fondez voilà arrivés à ma machine avant de la forêt pour ne rien
voilà ça c’est de merci hein…

23’36 (il continue sa marche)
24’06 (il se mouche)
24’49
Alors, tu as causé… avec des hominidéens ? Tu es content de toi, tu ne leur as pas dit tes quatre vérités ?
Oh, un peu ! tout de même… eh, personne vous savez, n’a la vérité absolue, on a des ouï-dire, des entendus, mais des preuves, qui en a vraiment ? Sinon les témoins, les maîtres d’œuvre du crime, s’il y a crime !
26’18 (gazouillis d’oiseaux amusés)
26’30
Des oiseaux s’amusent, gazouillent gentiment, d’un air entendu ils racontent ce détournement… de la parole, de la parole entretenue entre les hominidéens…
27’47
Qu’en feras-tu de cette parole ?
Je ne sais, je n’en sais rien…
(un avion réagit bruyamment en haut dans le ciel, sa réaction motrice le pousse ivre…)
Sais-tu qu’au fond du bois, il y a des Chênes ?
Ah, c’est drôle, c’est amusant ! je ne m’en étais pas aperçu ?
Mais ce ne sont pas les Chênes que tu crois !
Ah, c’est comme les Hêtres, ce ne sont pas les êtres que vous croyez, ils ont plus d’un tour dans leur sac, ou, soyons plus généreux, dans leurs branchages, ils y cachent toute une faune (foule)…
(une Pie bavarde et s’agite)
Comme les Chênes d’ailleurs ! Avez-vous entendu le bruit des Chênes ?
29’38
Ah, ah ah ! il se déchaîne… l’homme à quatre pattes, dont deux seulement se posent au sol, les deux autres…
Des deux autres, il gesticule, en faisant des manières avec quelques outillements, il gesticule, et puis, et puis, etc., etc.
Vous connaissez la chanson des Chênes que l’on enchaîne dans un déchaînement de coupes avec des chaînes ?
20’46 (la rumeur dans le ciel revient, pénible…)
Une rumeur dans le ciel, encore une machine volante, la rumeur est partout… la rumeur est partout…
32’31 (son acolyte tente d’aborder un sujet scientifique d’une actualité « énergétique » à la mode)
Alors, comme ça, vous consommez 100 W (par heure, quand vous grimpez hâtivement une colline) ?
C’est ce qu’on dit !
Pour votre petit cheminement, vous avez consommé moins de 100 W (par heure), quelques watts, 10 W (20, 30 ou 60) ce n’est pas beaucoup, c’est étonnant ? Nous devrions faire le calcul ?
Faites-le, je vous en prie…
(le sujet ne le passionne pas vraiment, il abandonne…)

33’06 (au loin, d’autres bipèdes bûcheronnent le long du chemin, il va les croiser)
Ils sont partout aujourd’hui… ils sont partout… (snif)
33’52
Vas-tu leur causer à ceux-là ?
(un oiseau commente la scène…)
Je ne sais, je ne sais…
Ceux-là, ils débitent le bois… vas-tu t’engueuler avec eux ?
Je ne sais ?
35’48 (il se mouche)
37’00
Bonjour !
Bonjour ! … jours !
Il y a des voleurs de bois ?
(mais qu’a encore retenu la machine enregistreuse ?)
Du bois hors lors de comment des talonnettes alcor enregistraient les oiseaux encore plus voyant d’a nois en moi fait attention que bientôt honorable comme le gasoil dans une moi je dis ça dans la plus remémore…

38’13
Tu voulus faire de l’humour ?
Ceux-là font comme ils peuvent, ce n’ont pas… ce ne sont pas les donneurs d’ordre.
Peut-être, ce sont les voleurs de bois ?
Ah, il faudrait faire une enquête !
Ils ont une gueule suspecte ?
Oh, je n’en sais rien (snif), je ne voudrais pas être médisant…
Te voilà ragaillardi par ces quelques causeries où tu t’affirmes, petit être ?
Ah ah !
Tu sais leur causer, au moins, ils parlent ton langage…
Oh, sur certains plans, nous nous distinguons…
Mais, l’on en peut, en quelques verbiages, déverser tout un flot qui les encombrerait et qu’ils ne sauraient quoi (en) faire ; tout comme eux, ils ne peuvent déverser leur propre histoire, nos échanges d’histoires communes ne se peut, et ce n’est qu’une surface au creux de chacun de nous. Les processus sont les mêmes, le racontement est héréditaire, avec en creux, au plus profond, une chose, un code, dont on ne peut se défaire et qui vous meut…
Meuh ?
« Meut », du verbe « mouvoir »…
Aah ! je devrais m’émouvoir ?
Si vous voulez, il n’y a pas d’obligation… Votre petite machine enregistreuse les intrigues, vous répétez « c’est pour enregistrer les oiseaux » (snif), ces êtres qui chantent et qui parlent dans un langage que l’on ignore !
Oui, je ne dis pas que c’est pour capter aussi le son de nos voix…
Ah ah ! subterfuges de votre enquête ?
Exactement ! c’est une enquête que je mène, et parfois je les croise, tout comme l’oiseau, tout comme les arbres, mais eux, leur bruissement est infime ; ce sont plus des senteurs, des sensations qui me traversent et dont je ne perçois pas la teneur exacte, eh, certes ils m’influencent…
Tu te rapproches du bruissement interrompu… ininterrompu de tout à l’heure, il semblerait que la machine s’est arrêtée ?
Non, j’entends son bruissement au loin qui revient, nous nous en approchons…
Elle n’aurait pas cessé ?
Nous le saurons dans très peu de temps…
43’18 (il se mouche, et cela réveille quelques corvidés effarouchés)
44’12
Ce qui se passe au creux de cette forêt, eh, c’est inquiétant !… C’est une question ?
Euh, oui j’attendais une réponse, mais apparemment vous ne la discernez pas ma question ; dites euh… dites-moi quelque chose ?
Je n’en sais rien, je me souviens même plus de ce que nous disions à l’instant, j’étais passé à autre chose, je pensais à quoi déjà ? Devrais-je m’inquiéter de cette perte de mémoire soudaine, qui me dit « ce que tu pensais il y a peu, n’as pas d’importance, oublies ! C’est devant toi, ce qui va t’arriver qui, seul, peut apporter quelque chose de différent, tu ne le sais pas encore… »
Normalement, tu devrais voir la machine roulante (celle) qui t’amenée ici, et pour l’instant je ne la vois ? ah si, je commence à en distinguer son fuselage, son carrelage, non… non, sa « carrosserie »… je préfère… toute blanche vêtue, comme une fleur blanche qui s’épanouit, aaah !
(une nouvelle rumeur agace le ciel, là-haut…)
Le soleil m’a regaillardi, c’est à peine si je souris, eh, je sourie ! si petit que je me faufile entre les bois, c’est vrai qu’ils sont haut ceux-là, pour eux, je suis une grosse sourie tout de même, ils s’en foutent de moi et peut-être me maudissent-ils ?
Mais les arbres n’ont pas d’âme !
Ah, qu’en savons-nous, ils ont une âme d’arbre, comme nous nous avons une âme d’hominidéen, c’est pas pareil, il n’y a que des différences, eh, la différence de chacun est ignorée réciproquement !
Ah, là, c’est une rumeur, celle d’un avion, un avion à hélice…
Ah, je ne sais pas ?
Je dirais « à hélice », c’est pas le même bruissement…
(la rumeur devient assourdissante, il doit hausser le ton)
Y’a une petite note très particulière plus aiguë, moins lourde que le bruissement des machines à réaction qui les font avancer ces avions-là, que tu vois pas ! voilà !
Oui ! le bruissement s’est arrêté (celui) de la machine (à terre), et la rumeur de l’avion s’évapore. Le vent m’en amène d’autres, que va-t-il se passer encore ?

Sonagrammes audiométriques :